• Great Dixter 2

      Ce jardin est l'un de mes préférés et sans doute celui par lequel j'ai été le plus "scotché". Partout où le regard se porte, il se passe quelque chose de nouveau, d’étonnant ou de réjouissant. J'exagère à peine en disant qu'un 360° offre à coup sûr matière à regarder tout au long du tour. L'inventivité est au rendez-vous et, quelque soit le ressenti constaté, il y a toujours matière à échanger sur les choix d'accords observés.

      Une petite chose nous a cependant surpris, là comme dans les autres jardins visités d'ailleurs, c'est le remplacement des plantes en pleine saison dès leur fanaison. Je comprends bien que business oblige, il faut que le jardin tienne son rang en toute saison mais c'est un peu décevant. Très plaisant pour l’œil mais l'étalement des floraisons y perd un peu en crédibilité.

      Quand même pas une raison suffisante pour bouder son plaisir. Et puis la cohorte de jardiniers et d'étudiants volontaires que l'on croise au détour des allées en train d'effectuer ce travail de raccommodage est toujours prête à donner un renseignement sur une plante inconnue.  

       

           Great Dixter 2    

      Le jardin des succulentes. Une très belle mise en scène au détour d'une volée de marches ce qui permet d'en avoir tout d'abord une vue "aérienne" puis, en descendant de la terrasse, une vue "au ras du sol" qui offre une autre perspective tout aussi plaisante. J'ai choisi la seconde qui donne l'illusion de se promener au milieu des choses qui piquent.

       

         Great Dixter 2   Great Dixter 2

      Au milieu de l'espace tropical, dans un coin abrité du jardin, s'épanouissent des végétaux un peu frileux. Parmi eux, une Mexicaine qui ne craint pas le froid. 1.80m de pousse en une saison dans un sol bien drainé. Son petit nom, c'est Amicia Zygomeris. Le prénom peut faire illusion pour le côté hispanique mais Zygomeris, ça ne sonne pas trop espagnol, non ?

      Nous avons rencontré cette rose ici et à Sissinghurst sans pouvoir obtenir son nom. Alors si vous avez une idée...

       

           Great Dixter 2

      Le grand mixed border de ce jardin. Une profusion de couleurs et de formes sur, je dirais de mémoire, une bonne trentaine de mètres. Peut-être même un peu plus. Et on ne s'ennuie pas une seconde !

       

         Great Dixter 2   Great Dixter 2

      Ce mélange des couleurs est parfois déstabilisant mais il n'y a jamais la touche de trop qui alourdirait immanquablement la scène. C'est too much mais dans la justesse. Une sorte d'oxymore végétal en quelque sorte.                                                               ( Vous pouvez passer cette explication fumeuse sans qu'il ne vous en soit en aucun cas tenu rigueur. )

       

         Great Dixter 2   Great Dixter 2

      J'associais, de manière un peu simpliste, les conifères à une utilisation essentiellement graphique alors qu'ici ils sont partie prenante des massifs et s'y fondent plutôt bien.

      Y'a pas à dire, c'est tonique. Après, c'est une affaire de goût même si on se rend compte que les pétales découpés de l'astrance allègent bien l'effet masse.

       

       

       Great Dixter 2   Great Dixter 2

      Un peu de repos pour les yeux. C'est comme passer de l'autoroute à la nationale, on se calme trop vite et on a l'impression que c'est presque fade. Le retour dans la nuance pour éviter l'overdose.

       

        Great Dixter 2

      L'interlude touche à sa fin et on remonte tranquillement dans la couleur...

       

        Great Dixter 2

      ...Pour finir avec celles qui tranchent sur le ciel et font pétiller l'été même quand le beau temps n'est pas au rendez-vous. Les aplats sages des topiaires soulignent le jaune soufré des fusées qui s'élancent dans tous les coins de cette partie du jardin. L'ordonnancement des allées qu'on devine seulement à cette période de l'année conduit lui aussi le regard et participe activement à la mise en scène. On marche dans le tableau en en explorant les multiples facettes sans jamais tomber sur des redites.  

       

        Great Dixter 2

       

      Pour moi, là, c'est un peu trop avec les roses trémières. Mais, en même temps, le vert sombre de la haie tempère toute cette fougue et la fait rentrer dans la boîte sans qu'il soit besoin de gommer quoi que ce soit. 

       

        Great Dixter 2

      Le carmin et le pourpre des roses trémières me convient mieux et crée un lien moins abrupt entre les différentes couleurs présentes. Ça fait quand même un peu cravate de collège, très britannique en somme. J'aime assez cette revisite de la tradition.

      Au final, que penser de ce jardin ? C'est ébouriffant, époustouflant, plein d'inventivité et d'audace. Quelques rares fois dérangeant ou franchement pas à notre goût mais jamais hors sujet et bien sûr, toujours abouti. Vous cherchez des accords de couleurs, des associations inédites ? Venez ici et faites votre marché, il y en a pour tous les goûts. Le parfait contrepoint à des jardins plus "sages", les deux catégories étant également aimables à nos yeux éblouis. 

      Et puis, leur pépinière recèle quelques jolies trouvailles. Difficile d'y résister ! Nous avons repris, depuis Londres,  le train puis le bateau, lestés chacun de nos emplettes botaniques. Un peu encombrantes mais tellement satisfaisantes. Une prochaine fois, nous étudierons un passage avec la voiture...

      Que les jours qui viennent vous apportent un peu de...

       

      LA LUMIERE DE GREAT DIXTER.

       
       
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  • Great Dixter 1

    L'avantage du Kent, c'est de proposer à l'amateur de beaux jardins de nombreux réalisations de belle facture sur un espace géographique limité. Great Dixter se trouve ainsi à un jet de pierre de Sissinghurst, permettant par là même de visiter les deux lieux lors du même séjour sans trop bouger. Nous n'avons pas fait la visite des deux le même jour et personnellement, je ne le conseille pas. On aura ainsi le temps d'apprécier les différents espaces en flânant ou en s'arrêtant de temps à autre sur le parcours.                                                                                                                                                                                                     Prendre aussi le temps d'un afternoon tea. Tea, clotted cream and scones, fruit cake or muffins.  Essayez aussi la Fentimans lemonade. Plusieurs arômes à tester.                                                                                                                                                  Dernière remarque: Nous sommes arrivés tôt au jardin ce qui nous a permis d'éviter le gros du peloton qui, ici comme ailleurs, est assez envahissant.

      Great Dixter     Great Dixter            From Google Maps

    Great Dixter, c'est le Sud Est de l'Angleterre avec un climat très proche de celui de la Normandie juste de l'autre côté du Channel. L'entrée du jardin est assez déroutante. Point de tapis rouge ou autre entrée structurée pour impressionner le visiteur mais une prairie sûrement fleurie à un moment de la saison. Là, c'était plutôt l'époque des foins. Une certaine idée de la campagne où le jardinier s'abandonne au laissé pousser.                                                                                                                      Et là, on se dit: Est-ce que ce sera partout comme ça ? Bah non, gros bêta ! Bien sûr que non. La preuve. 

     

        Great Dixter

    Exubérant, coloré, un peu fouillis parfois. Coloré, oui et des associations de couleurs parfois surprenantes mais qui fonctionnent quand même une fois l’œil accoutumé parce que les hauteurs, les formes, les textures aident à l'harmonisation. 

     

    Great Dixter   Great Dixter

    Le rouge et le jaune me rappellent immanquablement certains alignements de tulipes au printemps, chose dont je ne raffole pas trop. J'ai donc freiné des deux pieds avant de prendre le cliché. Malgré tout, j'avoue que ça ne fonctionne pas trop mal. Heureusement, il y a beaucoup de verdure autour et la touche très claire derrière la haie pondère un peu l'éclat du devant. Pas mal de tonalités fortes dans ce jardin, c'est vrai mais souvent associées avec bonheur. 

     

    Great Dixter 1   Great Dixter 1

    Des plantes en pot en quantité assez conséquente. Ça se défend si l'arrosage n'est pas un souci majeur. La composition de droite est un vrai coup de cœur pour éclairer un endroit un peu protégé du grand soleil.  

     

    Great Dixter 1   Great Dixter 1

    Des mises en scène de belle ampleur ainsi que des petits clins d’œil juste pour un recoin. Rien n'est laissé au hasard ou si peu. 

     

      Great Dixter 1

     Le Lychnis Coronaria a retrouvé grâce à mes yeux par l'entremise de cette allée alors que je n'accordais pas beaucoup de mérite à cette plante. L'association avec l'hydrangea est assez réjouissante.

     

    Great Dixter 1   Great Dixter 1

    A Great Dixter , toutes les plantes ne sont pas des raretés botaniques et ce sont plutôt les mises en correspondance qui retiennent l'attention ou attirent le regard.

     

     

      Great Dixter 1             

    Un bassin très occupé. Tout juste si l'eau y trouve sa place.

     

     

      Great Dixter 1 

    Une composition tout en nuances où l'impression première de fouillis s'estompe vite pour laisser place à la déambulation visuelle dans tous les directions du tableau. Chaque plante à sa place et une place pour chacune d'elles. 

     

      Great Dixter 1

    Ne vous méprenez pas, l'Angleterre ne permet pas encore de faire pousser, en pleine terre, ces bégonias. Il s'agit donc de potées dont j'ai cru qu'elles étaient à vendre. Je me suis donc renseigné mais elles ne semblaient pas l'être. A la pépinière, il y en avait d'autres mais il m'a fallu faire ma demande à quatre personnes différentes et convaincre la dernière pour qu'enfin, on accepte de m'en vendre un. En fait, je crois bien que cette plante n'était pas prévue à la vente. Chez nous, il est maintenant en pleine terre mais nous ferons des boutures pour assurer sa pérennité au jardin.

     

    Great Dixter 2 ? 

    C'EST POUR TRÈS BIENTÔT. 

     


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  • La suite, que diable ! La suite !

    Nous en étions donc au jardin rose qui n'est pas rose mais c'est pas grave. Les clématites qui montent sur une pyramide. Une réalisation plusieurs fois notée dans les jardins anglais. A retenir.

      Sissinghurst Castle Gardens 2

      Sissinghurst Castle Gardens 2  Sissinghurst Castle Gardens 2

       Sissinghurst Castle Gardens 2

       Kniphofia Tritoma "Ice Queen" maybe?  Berberis Thunbergii Harlequin et pour le bleu, langue au chat. 

       Sissinghurst Castle Gardens 2

       Sissinghurst Castle Gardens 2  Sissinghurst Castle Gardens 2

    Un pelargonium vraiment très beau pour une association avec une sauge non moins remarquable. Une potée réussie.

    Trop compliqué de gommer l'individu qui pose complaisamment devant l'objectif. Faites semblant de ne pas le voir, il va se lasser et s'auto-effacer parce que l'objectif réel de l'image, ce n'est pas lui mais la bordure toute en feuillages superbement équilibrée.

    Et pour finir, le bouquet final dont je n'aurais jamais rêvé et pour cause, je déteste(ais ) le jaune au jardin. Mais là, j'ai adoré. On peut dire ça au vu du nombre de clichés réalisés à cet endroit. Il faut dire que la mise en scène est grandiose et qu'on ne peut qu'applaudir devant un tel spectacle. Bienvenue dans le jaune !

         Sissinghurst Castle Gardens 2

        Sissinghurst Castle Gardens 2  Sissinghurst Castle Gardens 2

         Sissinghurst Castle Gardens 2

        Sissinghurst Castle Gardens 2  Sissinghurst Castle Gardens 2

         Sissinghurst Castle Gardens 2

         Sissinghurst Castle Gardens 2

         Sissinghurst Castle Gardens 2

    Sissinghurst Castle Gardens 2

    La promenade s'achève ici mais on pourrait encore la prolonger un moment avec d'autres tableaux. Je vous engage vivement à venir vivre votre Sissinghurst qui sera peut-être différent mais, à n'en pas douter, aussi réussi et réjouissant. Bye for now.

     

     

    Next stop will be Great Dixter ! 

     

     


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  • Sissinghurst Castle Gardens 1

    Le Kent est connu pour être "le jardin de l’Angleterre" et c'est ici, dans cette région aux étés tempérés, que nous avons visité quelques jardins dont celui-là, un des plus connus du Royaume-Uni et on comprend assez vite pourquoi en parcourant ses allées.

    Je ne vous proposerai pas l'historique du lieu ni ne vous présenterai les personnages qui sont à l'origine de ce superbe jardin et ce, pour deux raisons:                                                                                                                                                                                        - D'abord, je n'ai pas eu le courage de lire les panneaux explicatifs dans la tour.                                                                                    - Et puis, vous trouverez sur des sites encyclopédiques bien connus bien plus d'informations et de connaissances que    celles    que je pourrais vous apporter, qui plus est en les recopiant de leurs articles. Bref, exit l'exposé.

    J'avais pensé à un truc guère original il est vrai, genre "Top 10 de Sissinghurst" ou "Mes 10 coups de cœur". Là aussi, j'ai renoncé parce que dix images c'était vraiment trop peu et je n'ai pas su choisir.

    L'idée lumineuse ne venant pas, j'ai choisi la promenade toute simple. Ce sera donc déambulation dans les allées au gré de nos attirances. Info pour les amoureux de la photo, faire des photos sans bipèdes à cette époque de l'année y relève de l'exercice de haut vol et sûrement aussi du coup de chance.  

    Eléments pratiques:                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Le prix d'entrée des jardins est assez onéreux en Angleterre et c'est en pounds (1.40 € environ  en ce moment )mais  pour Sissinghurst qui est géré par le National Trust, il peut être intéressant de prendre un billet combiné qui servira      pour d'autres lieux gérés par cet organisme.                                                                                                                                                                Si vous souhaitez rayonner à partir de votre hôtel, voici le nôtre situé à Cranbrook, ,le George Hotel. Un hôtel très  agréable et une atmosphère très britannique. Évitez les chambres au-dessus de la cuisine sauf si vous êtes un  inconditionnel de l'English Breakfast. Vous aurez même le privilège, sans être obligé de produire vos quartiers de  noblesse, de résider dans une auberge dont Queen Elisabeth I et King Edward I furent les illustres hôtes. So posh !    

     Last but not least, l'image du chapeau de l'article montre un bâtiment incurvé qui est en réalité rectiligne. Simple effet de distortion dû au logiciel de création du panoramique. Ceci afin que vous ne le cherchiez pas en vain ou pire que vous ne soyez pas pris pour un original en demandant où il se trouve, chose dont je me sentirais un peu responsable.


    Sissinghurst Castle Gardens 1                                                               From Google Maps

    Si vous louez une voiture à Londres, choisissez un  loueur hors  zone de congestion, ce sera moins cher et veillez à ne pas y entrer par mégarde, on  vous chargera la taxe and it's expensive.  Comptez deux bonnes heures si vous venez de  Londres. Sortir de Londres est un peu long. GPS  très appréciable. Malheureusement, le volant  continue à se trouver  à droite dans les voitures  de location et il ne vous servira à rien d'essayer  de passer les vitesses avec le levier d'ouverture  de la porte. J'ai essayé, ça ne marche pas. 

     Alors, allons-y en commençant forcément par la cour d'entrée, vaste espace clos de murs et surmonté d'une tour bien pratique pour les vues d'ensemble. Très jolie mixed border et grande pelouse au gazon irréprochable... et en plus, tout vert. Agaçant, n'est-il pas ?

       Sissinghurst Castle Gardens 1    Sissinghurst Castle Gardens 1

       Sissinghurst Castle Gardens 1    Sissinghurst Castle Gardens 1

         Sissinghurst Castle Gardens 1

         Sissinghurst Castle Gardens 1

     

     

    Sissinghurst est surtout connu pour son jardin blanc. A juste titre. Evitez seulement les groupes en grappe qui amènent trop de couleur. Avec un peu de patience, vous profiterez d'un espace immaculé et croyez-moi, l'attente en vaut la peine. 

         Sissinghurst Castle Gardens 1

      Sissinghurst Castle Gardens 1   Sissinghurst Castle Gardens 1

      Sissinghurst Castle Gardens 1   Sissinghurst Castle Gardens 1

        Sissinghurst Castle Gardens 1

     

     

    On quitte le blanc pour aller vers le rose qui s’avérera être plutôt bleu en fait voire vert ou pourpre mais c'est sûrement en fonction de l'avancement en saison et des différentes floraisons. Autre hypothèse, je confonds les couleurs et il me faudra consulter sans tarder. 

        Sissinghurst Castle Gardens 1

     

       Sissinghurst Castle Gardens 1  Sissinghurst Castle Gardens 1

    Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui !

     

    COMING SOON 

    SISSINGHURST 2 , LE RETOUR

    22

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      


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  • La Bonne Maison

    Si d'aventure vos pas vous mènent dans la bonne ville de Lyon, il serait bien dommage de ne pas faire un petit saut ou mieux, une grande visite, au jardin La Bonne Maison. De plus, celui-ci se trouve dans Lyon et son accès est assez simple lorsque l'on vient du centre-ville. 

    Une rue étroite y mène qui serpente sur la côte, en surplomb de la Saône qui déroule son ruban, 80 mètres plus bas. Une rue contre la colline ou plutôt un couloir qui se glisse entre les hauts murs austères des belles demeures bourgeoises et qui n'offre au promeneur que quelques rares échappées sur l'agglomération lyonnaise en contrebas. Une colline d'argile où de grands espaces de verdure se dorent au généreux soleil de printemps, en tout cas ce matin-là. 

    Nous sonnons donc au n°101 de la rue et nous pénétrons dans le jardin par une porte de métal. Une cour gravillonnée domine les massifs colorés de la Bonne Maison. Celle-ci est fermée à la pente par deux arbres ( des marronniers ? ) qui invitent le visiteur à s'approcher pour une plongée gourmande dans l’exubérance de la roseraie.   

          Jardin La Bonne Maison

     

    Parce qu'ici aussi, et pour paraphraser M. Bécaud, l'important c'est la rose et qu'elle est en pleine opération séduction en ce début du mois de mai.

    Partout où le regard se porte, ce ne sont que corolles épanouies, pompons délicats, solitaires discrètes ou bordées opulentes qui font ployer les branches sous le poids de leurs généreuses offrandes. Au gré des allées, sous les pergolas pavées et jusqu'au bord des bassins, petite ou grande, conquérante ou modeste, la reine des fleurs compose des tableaux où la délicatesse nacrée des unes le dispute à la grâce épanouie des autres.Des consœurs de beauté dont Circé l'enchanteresse n'aurait pas renié l'indéniable capacité d’envoûtement. Fragrances aussi, révélées par le soleil ardent qui inonde la côte et qui recouvrent le jardin d'un voile de senteurs délicates. Du Stéphane Bern dans le texte !  

         Jardin La Bonne MaisonT

        Crédit photo Marielle

    Un fouillis savamment ordonné dans lequel on se perd sans grande appréhension n'ayant que l'embarras du choix au moment de tourner la tête. 

         Jardin La Bonne Maison      Jardin La Bonne Maison  

         Crédits photos Marielle

    Pour faire bonne mesure, la maison donne l'exemple en disparaissant presque sous les assauts pacifiques de la végétation. Une bordure d'iris hauts en couleur réveille l'allée et offre son galon coloré à la partie basse du jardin.

           Jardin La Bonne Maison      Jardin La Bonne Maison

    J'ai parlé d'un jardin de roses et vous ne les voyez guère arriver. Bon, en voilà une qui dont j'ai oublié de noter le nom ( Ils sont pourtant bien étiquetés ces rosiers! ). Sur l'autre image, j'aime bien cette armée de topiaires même si son ordonnancement me déconcerte un peu parce qu'il ne semble pas ( ou alors je n'ai pas su le voir ) structurer un espace précis. Peut-être avez-vous su, mieux que moi, décrypter cet espace si vous avez visité le jardin. 

                                   Jardin La Bonne Maison     Felicia

     Un moschata au parfum ++. Et puis, ce rose un peu passé, une merveille à son emplacement légèrement  ombragé dans le jardin.

      Jardin La Bonne Maison   Jardin La Bonne Maison

     

    Ce rosier délicat, si je ne me suis pas égaré dans mes notes, c'est Francis E. Lester qui habille joliment le bord d'un bassin. Des branches graciles qui émergent de la végétation pour un effet très léger. La Bonne Maison, ce sont aussi des pivoines superbes dans l'ombre légère des grands arbres. Les tiges noires de celle-ci étaient particulièrement remarquables. 

        Jardin La Bonne Maison

     

     

        Jardin La Bonne Maison

     

     

    Mieux qu'un long discours, les pivoines dans leur élément. La lumière dans les branchages joue à créer des points de focalisation pour l’œil en révélant des nuances dans les corolles ou les feuillages des plantes. Comme à l'occasion d'une belle scène d'été à l'ombre d'une haute futaie à laquelle on aurait ajouté des floraisons printanières. 

        Jardin La Bonne Maison

     

    La lumière, plus que toute autre chose, révèle la structure de ce jardin et guide notre regard vers les coins moins fleuris mais tout aussi agréables à contempler. Une mise en scène très graphique des acers et la touche légère du rosier qui complète avec bonheur le tableau par un apport de couleur tout en discrétion.

        Jardin La Bonne Maison    

    Rosa Fimbriata. Une parmi d'autres merveilles à découvrir dans les allées. Et la jardinière me direz-vous ? Ce qui est étonnant avec Mme Masquelier, c'est cette déconcertante facilité avec laquelle elle vient vers vous sans ostentation pour vous souhaiter la bienvenue. Elle prend le temps de converser avec chaque visiteur au détour d'une allée, sur une pelouse. Là où elle se trouve dans le jardin en fait. Un accueil tout en simplicité et naturel qui cadre bien avec les sensations que procurent cet espace.

        Jardin La Bonne Maison 

    Rose Claire Jacquier. Parfaite sous le léger ombrage du haut du jardin où ses boutons apportent une note vanillée aux bouquets. Nous y croisons le professeur Calender, le président de l'association "Jardin Art et Soin" que certains membres du SOL connaissent bien et avec qui nous évoquons cette très belle initiative. Celle-ci mérite bien qu'on la rappelle et voici donc le lien qui vous permettra d'en savoir plus. Jardin Art et Soin

       Jardin La Bonne Maison 

    Voilà, c'est ici que se referme ce petit tour pas du tout exhaustif de ce superbe endroit. J'aurais pu vous abreuver d'encore plus d'images mais il est un moment où l'on arrête de jouer au Japonais. On range l'appareil et on profite du spectacle. Et puis, l'idée c'est de vous donner l'envie d'y aller, pas de vous en ôter le plaisir de la découverte.

        

     

     

     

     


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  • Jardins de LY

    Dans la vallée de la Bresle, à la frontière entre Normandie et Picardie. A vous de décider en fonction de la rive que vous emprunterez. Le village de Sénarpont dans une région où les maîtres verriers tinrent longtemps le haut du pavé avant que d'autres contrées et d'autres matériaux ne viennent les déloger de là. Une campagne tranquille un peu à l'écart des grands centres urbains.

    Un jardin à quatre mains où Louisette ( le L ) explore le potager sous toutes les coutures et Yves ( le Y of course ) s'occupe de la partie paysagère. Très schématique comme répartition des rôles parce que c'est sûrement un peu plus mélangé que ça. L'espace planté commande certainement que tous deux s’attellent à pas mal de tâches qui vont au-delà de leurs domaines de prédilection.

    A quoi ressemble donc ce jardin ? A rien d'autre qu'à lui-même. Inclassable, assurément. Il est l'oeuvre de ces deux passionnés qui y ont exprimé leurs envies sans tenir compte des canons (très respectables eux aussi ) proposés par nos magazines jardiniers. 

    C'est d'ailleurs dans un magazine que je découvris pour la première fois l'existence de ce jardin mais, comme toujours, un article, quel qu'il soit, ne reflète que les choix de son auteur et j'avoue que je n'avais pas été charmé outre mesure par les illustrations. Comme quoi, c'est toujours mieux en vrai et puis, on rencontre les jardiniers et ça, c'est pas dans le reportage. Ce jardin, en tout cas, leur ressemble. Ouvert et généreux. Ca bourdonne de vie, c'est plein de couleurs et ça fourmille d'idées. Une déambulation dans un espace de complète bonne humeur. 

    Le jardin se visite avec nos hôtes. Chacun apportant ses explications sur la partie qui constitue son domaine d'action. Intarissables tous les deux. Nous sommes restés environ ... quatre heures à papoter sans nous ennuyer un seul instant. 

    Jardins de LY    

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Une vision de l'Asie très soignée et très personnelle. Les conifères y ont la part belle dans des harmonies joliment élaborées.

    Jardins de LY

     Ici, on coiffe en permanence ou presque. Un travail à plein temps.

     

    Jardins de LY

    Une clairière plus exotique avec quelques frileuses qui profitent de l'été picard. Les grosses feuilles n'appartiennent pas à l'arbre, je vous l'assure. Pas plus d'ailleurs que les fleurs jaunes. Et l'escargot survitaminé, dans le fond, a le mérite d'être totalement inoffensif pour les feuillages alentour. 

     

      Jardins de LY           Jardins de LY

     

    De la couleur pour réveiller une allée de sous-bois               Une composition, elle aussi, pleine de vitamines

    Des végétaux mis en scène ou supports d'une mise en scène ? Ni l'un ni l'autre mais un peu des deux et ça fonctionne! En tout cas, c'est très ludique. 

     

    Jardins de LY

     

    Habiller l'espace, guider le regard sans l'emprisonner.

     

    Jardins de LY

     

    Le pot de crayons est tombé. Tous plantés et alignés le long du chemin comme à la parade. Y'a des coïncidences, comme ça, faut le voir pour le croire. Photo réalisée sans aucun trucage, cela va sans dire.

     

    Jardins de LY

     

    Des bonsaï comme s'il en pleuvait. Un rayonnage à n'en plus finir. Tout ce qui peut l'être a dû être testé ici sous forme de bonsaï.

    Etagères exigeantes. Petits contenants, grande soif aux beaux jours. Les porteurs d'eau ne chôment pas. 

     

        Jardins de LY  Jardins de LY  

        Les jardins de LY, c'est aussi ça.                                       Des Ginkgo aussi, une famille s'est installée dans le coin.

     

    Et puis, dans un jardin familial, pas de démultiplication des bras pour qu'à chaque instant de l'année tout soit au meilleur de sa forme. Une partie des allées restera donc un mystère pour nous. En cours d'entretien ou de restructuration.

    C'est normal et c'est mieux ainsi quand nombre de jardins ouverts à la visite oublient de mentionner les aides diverses et variées dont bénéficient leurs propriétaires. Au point, parfois, de les faire passer pour des superjardiniers dotés d'une capacité de travail hors normes.

    Au moment de boucler, je réalise que je n'ai pas de photos du potager (  Such a shame  ! ) . N'en concluez rien de négatif. Juste que j'ai suivi Yves pour aller voir d'autres coins à merveilles botaniques. Mais croyez-moi, ce potager saura vous en réserver de bien belles, des surprises.

    Alors si une visite vous tente, c'est par là: Jardins de LY

     

     

     


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  • Ryoan-Ji 

    Je suis tombé dans ce jardin japonais à peu près au même moment où j'ai commencé à m'intéresser au jardinage de façon un peu plus approfondie. C'est dire qu'avant d'aller au Japon, j'étais à peu près autant au fait de ce qu'était un jardin japonais qu'un lémurien moyen en goguette dans un parc d'attractions peut l'être de Mickey Mouse.

    Quand Marielle a parlé d'aller regarder des cailloux (quelques) posés sur un lit de graviers et que cela faisait partie des incontournables visites de jardins de temple à Kyoto , j'étais, je l'avoue, un peu (très en fait) sceptique sur sa capacité de jugement et sur celle des guides touristiques. Ou alors c'était le soleil parce qu'en marchant dans Kyoto, on avait l'impression que quelqu'un avait oublié d'éteindre le four dans lequel nous marchions. Pragmatiques, les Japonais ont disposé des distributeurs de boissons en tout genre à chaque coin de rue et tout le monde se balade avec sa petite serviette de poche qui est à tordre au bout d'un quart d'heure. Pour être sumo à Kyoto, faut habiter un réfrigérateur. Mais pardon, je m'égare. Revenons aux cailloux, rochers plus exactement.  

    Nous entrons dans un temple dans lequel, comme à l'accoutumée, nous nous déchaussons. Pas grave, c'est l'été. Comme dans tout espace de méditation, la discrétion est de rigueur et c'est plutôt agréable de n'entendre que le bruit du plancher qui craque (C'est fait exprès ! Le moine qui voulait faire le mur le samedi soir avait intérêt à être léger.) sous nos pas et de sentir ce contact du bois sur nos pieds nus et un peu échauffés. Non, non, pas d'échardes en vue.

    Ryoan-Ji

                                                                                                                                              

    Et là, nous arrivons devant ce jardin puisqu'il faut l'appeler comme ça et je suis extrêmement déconcerté. C'est bien ça, des rochers et, en plus, y'en a pas vraiment beaucoup. Bon, eh bien, nous nous asseyons et là, peu à peu, la beauté du lieu m'enveloppe tout entier. Devant ce dépouillement extrême, j'entrevois un minuscule fragment de ce qui nourrit l'âme japonaise pour en arriver à un tel résultat. Rien de spectaculaire, rien de construit en apparence et pourtant, tout est à sa place, l'harmonie règne. Je ne m'ennuie même pas. Pas trop de choses à regarder pourtant. Quelques photos et puis nous profitons du temps qui s'écoule, paisiblement. Le luxe de savourer du regard l'épure minérale et végétale poussée à son stade ultime. L'abstraction au jardin.

     

    Ryoan-Ji

    Le temps qui passe, les saisons qui défilent, les intempéries, l'austère beauté de la décrépitude, tout est inscrit sur ce mur que nul peintre ne saurait reproduire sans en trahir l'authenticité. Un peu, toutes proportions gardées, comme ces volets fanés qui s'accrochent aux maisons anciennes de nos contrées. 

     

            Ryoan-Ji          Ryoan-Ji

     

    Ici, tout est contrôlé, même la mousse, nettoyée à la pince à épiler si besoin est. La nature donne la direction, elle établit et conçoit mais c'est l'homme qui met en scène en créant, à partir de cette page pas vraiment vierge, un jardin puisque c'est de cela qu'il s'agit et pas autre chose. La racine de l'arbre a fait exploser la bordure mais elle est devenue l'élément majeur d'un micro-paysage.

    Ryoan-Ji

    Ce type de jardin n'est pas immense mais n'a pas besoin de l'être. On s'arrête souvent pour profiter d'un détail qui, ajouté à d'autres reconstitue une histoire, une image, une idée. Ce que l'on veut en fait. Les Japonais l'appréhendent sûrement bien différemment mais en tant qu'européen, on se raccroche aux branches alors que l'on est en plein potage. Délicieux, quand même le potage.

    Alors, bien sûr, ne prenez pas pour argent comptant tous les explications plus ou moins fumeuses exprimées plus haut. Ce ne sont que des ressentis sur lesquels j'ai essayé de mettre mes mots. Qu'on se le dise !  


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